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L'Autisme

Définitions

Le terme autisme est dérivé du grec « autos » qui signifie « soi-même » et a tout d'abord été employé par Bleuler en 1911 pour désigner le repli sur soi, chez des patients souffrant de schizophrénie.
Il s'emploie aujourd'hui pour désigner à la fois un trouble en particulier (correspondant à « l'autisme infantile ») et également la catégorie entière des troubles autistiques.
À ce titre il peut être employé comme synonyme des termes « troubles envahissants de développement » (TED) et « troubles du spectre autistique » (TSA), qui mettent l'accent pour l'un sur le fait que le trouble peut affecter les différentes modalités du développement de l'enfant(cognitif, social, affectif...) et pour l'autre sur la grande variabilité inter-individuelle des troubles.
Ainsi, l'une des conceptions de l'autisme aujourd'hui est celle d'un « continuum autistique » allant de formes d'autisme sévères avec déficience intellectuelle et troubles du comportement massifs, à des formes d'autisme dit « de haut niveau » avec un bon niveau de langage, sans déficience intellectuelle voire même avec des aptitudes spécifiques extra-ordinaires.

Ces termes recouvrent donc différentes pathologies : autisme infantile, autisme atypique, syndrome de Rett, syndrome d'Asperger... Ces syndromes sont variés, en ce qui concerne les manifestations cliniques, les déficiences associées, l’âge du début des troubles ou l’évolution. La prévalence est d'environ 4 à 5 / 1000 pour l'ensemble des TED et de 4 garçons pour une fille.
L'etiologie est encore aujourd'hui méconnue, probablement multifactorielle et de multiples hypothèses étiopathogéniques sont proposées (génétiques, environnementales, biochimiques, neurophysiologiques...).

Selon la CIM 10 (Classification Internationale des Maladies), l'autisme est défini comme un trouble à début précoce (avant l'âge de 3 ans) et se caractérise par une « triade symptomatique » :

  • altération qualitative de la communication
  • altération qualitative des interactions sociales
  • comportements, activités et intérêts restreints, répétitifs et stéréotypés

 

Les signes de l'autisme

Il existe différents syndromes autistiques et pour un même syndrome, les manifestations varient d'un individu à l'autre. Nous pourrions dire qu'il existe autant de formes d'autisme que d'autistes, que l'autisme touche un individu singulier et se traduira donc de façon singulière.
C'est pourquoi les signes de l'autisme peuvent ne pas tous être présents et apparaître de manière et d'intensité variables.
Trois domaines sont principalement touchés : la capacité à communiquer, à être en relation avec les autres et à interagir avec l'environnement.

Les troubles de la communication concernent le langage et la communication non verbale.
Le langage peut être absent ou se développer tardivement avec de nombreuse particularités : inversion des pronoms (« tu » à la place de « je »), écholalie, utilisation de mots dans un sens inhabituel, débit, rythme et modulation de la voix atypiques.
Lorsque le langage est bien développé, des difficultés demeurent souvent concernant les échanges de type dialogue (tendance au soliloque, bizarreries...), les conversations abstraites, l'humour...
Les troubles de la communication non verbale concernent la compréhension (mimiques et gestes d'autrui) et l'expression : expression faciale pauvre, sourire rare, contact oculaire qui s'établit difficilement, défaut de pointage et d'attention conjointe.

Les troubles de la socialisation apparaissent dans le « retrait autistique » qui se caractérise par un isolement, une incapacité à développer des relations interpersonnelles, une indifférence ou une absence d'intérêt pour les autres.
Le contact oculaire est difficile, rarement direct, il peut paraître vide, « transparent » ou fuyant avec de brefs regards périphériques. La sollicitation peut entraîner de l'agacement ou de l'angoisse, l'enfant autiste peut sembler refuser ou éviter la relation. Il n'initie pas l'interaction, l'échange dans les jeux et activités est limité, l'imitation est absente, l'autre est « instrumentalisé » : l'enfant se sert par exemple de la main de l'autre pour prendre quelque chose ou s’assied sur lui comme sur une chaise.

Les troubles du comportement se traduisent par des comportements bizarres, rigides et des stéréotypies. L'activité est pauvre et répétitive à partir d'objets inhabituels (manipulation de jouets durs, de ficelle...) ou de jouets utilisés de façon détournée (l'enfant regarde comme hypnotisé les roues d'une petite voiture qu'il fait tourner, aligne inlassablement des crayons...). Les intérêts sont restreints et il n'y a pas vraiment de jeu imaginatif ou symbolique (dînette, poupée...).
Les auto-stimulations sensorielles sont également caractéristiques de ces troubles du comportement, avec la recherche de sensations particulières à travers la manipulation d'objets ou du corps (faire tourner des objets, fascination pour des jeux de lumière, balancements du corps, jeux de doigts devant les yeux, battements de mains...).
La perception du monde qui l'entoure paraît également troublée, avec des manifestations qui semblent correspondre à des anomalies perceptives comme des « hypo- ou hyper- sensibilités » dans certains domaines (visuel, auditif, douleur...) et parfois de manière assez paradoxale à l'intérieur d'une même modalité sensorielle. Par exemple, une indifférence apparente au monde sonore (l’enfant paraît insensible aux bruits extérieurs, ne réagit pas à des bruits forts et inattendus comme un klaxon) qui contraste avec des réactions paradoxales ou sélectives : peur de certains bruits même familiers (aspirateur), sursaut à un froissement de papier ou fascination pour la musique.
Les comportements peuvent aussi témoigner d'une certaine rigidité (ex : régime alimentaire spécifique lié à la consistance des aliments), avec mise en place de routines et rituels, et intolérance aux changements (de lieux, de personnes, d’emploi du temps…), qui suscitent des réactions d’angoisse, de colère vive, d’agressivité avec parfois automutilation. Le plus souvent,l’enfant n'exprime pas d'émotions (ni gai, ni triste, ni étonné, ni fâché) ou de manière inadéquate (pleure ou rit sans raison apparente).
Des troubles du sommeil peuvent être présents parfois durables et intenses.

  1. Selon la CIM 10
  2. Circulaire interministérielle 2005
  3. Nombre de cas d'une maladie pour une population donnée.
  4. Étude des causes d'une maladie.
  5. De l'étiopathogénie : étude des causes d'une maladie et des processus par lesquels ces causes agissent.
  6. Répétition systématique des derniers mots entendus
  7. Monologue
  8. Désigner du doigt
  9. Capacité dʼorienter son attention et celle dʼautrui sur un objet commun référent
  10. Tendance à conserver la même attitude ou à répéter le même mouvement ou les mêmes paroles.

 

Tiré du site Autistes sans frontières

L'autisme n'est pas provoqué par une relation pathologique avec les parents, mais par une anomalie cérébrale organique inconnue.

Le diagnostic d’autisme en France est souvent accompagné d’un sentiment de résignation et d’impuissance : « il n’y a pas grand-chose à faire. » Ce fatalisme repose sur l’ignorance, la méconnaissance ou le mépris des interventions éducatives spécifiques qui existent pourtant depuis 40 ans aux Etats-Unis notamment et qui ont démontré leur efficacité et leur pertinence.

Il est possible de traiter l’autisme, de repousser les limites de ce handicap et d’en atténuer les symptômes. Les buts de l'éducation spécifique sont de permettre aux autistes de comprendre leur environnement social, de développer leurs capacités, de diminuer leurs comportements incompatibles avec la vie sociale et d'augmenter au maximum leur autonomie.

Voici quelques pistes pour aider les parents à opter pour les bonnes orientations, celles qui aideront leur enfant à véritablement progresser.

Votre enfant vient de recevoir le diagnostic d’ « autisme ».
Voici les 10 vérités que vous devez savoir :

1. Le diagnostic d’autisme n’est pas une sentence à vie ; il n’a pas valeur de pronostic
2. L’autisme est un handicap d’origine physiologique ; ce n’est pas une maladie mentale, encore moins une « psychose infantile »…
3. La culpabilité des parents n’aide pas l’enfant autiste à aller mieux…
4. L’autisme est un handicap d’origine physiologique
5. A cause de son autisme, l’enfant a une perception du monde perturbée
6. L’autisme nécessite une intervention éducative adaptée mise en place par des professionnels compétents
7. L’implication des parents dans le processus thérapeutique est essentielle
8. L’autisme requiert une prise en charge éducative précoce
9. Un enfant autiste est intégrable à l’école, dès la maternelle
10. Une personne autiste peut prétendre à une vie heureuse et autonome

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